redemption

  • L'éclat supplémentaire

    La lumière

    ne se contente pas

    de son propre éclat

     

    Elle fait briller

    les pétales des chemins

    les pissenlits les crocus

     

    les premiers pollens

    exhalés des lèvres

    invisibles de la brise

     

    les pierres les souches

    la trace blanche d'un avion

    dans le ciel du dimanche

     

    les grilles de fer forgé

    les branches rousses

    du dernier hiver

     

    et surtout

    les jambes

    de cette jeune fille

     

    en fauteuil

    qui prend sa part

    de jour et de joie

     

    pendant que sa mère

    la pousse

    là-bas

     

    vers les feuilles

    du tremble

    La lumière

     

    comme l'eau

    accepte Tout

    dans son flot

     

    Et je sais

    que si je promène

    mon regard

     

    sur le monde

    qui m'entoure

    au-delà

     

    des frontières

    des divisions

    des jugements

     

    je ne me contente plus

    d'être moi-même

    Comme un grand miroir

     

    j'accueille

    la lumière

    en mon centre

     

    et je lui ajoute

    un éclat de rire

    supplémentaire

     

    Géraldine Andrée

    @Tous droits réservés 2017

  • ABSOLUE

    Numériser0004
    Vous, les geôliers,

    étendez le voile de vos nuits souillées sur ma Beauté:

    mes cheveux allumeront l'incandescence de la vie -germination d'étoiles sur les chemins d'autres femmes oubliées!


    Vous, les aveugles,

    éteignez du souffle de votre peur les rêves de mon regard; soufflez sur cette lueur -que vous imaginez si frêle, si falote:

    mes yeux grands ouverts féconderont le flanc bleu et doux du ciel qu'adorent aussi  mes soeurs!


    Vous, les tyrans,

    froissez l'azalée sensuelle du désir éclose au bord de mes lèvres; flétrissez les mots intimes de mes poèmes:

    ma parole s'envolera - baiser rieur et profond  échappé de l'échancrure secrète des aubes de tous les amants!

     

    Vous, les bourreaux,

    réveillez le cri lancinant de ma chair; liez mes mains; entravez mes pieds; détestez mon visage et ma bouche; tuez-moi peut-être; haïssez-moi de posséder comme une vertu ce corps originel et troublant dont vous ne pouvez effacer tout à fait la présence; considérez-moi comme la fleur sanglante de votre faute!

    mon coeur réapparaîtra sans fin sur les bords dansants de l'Espace;

    vibration unique d'une plaie ouverte où se lève la lumière; pulsation irradiante d'une féminine douleur!

     

    Ô cette inconnue splendeur:

    Je suis Najia!

    Najia libre!

    mon âme est Najia,

    mon âme, astrale couronne

    de ma virginité toujours neuve 

                               toujours nue 

                               et comme l'univers

                                             

                                        absolue