récit de vie

  • L'eau de mon pays

    Elle est douce

    l'eau de mon pays

    Elle court

    tout le temps

    traverse mes pensées

    berce mes rêves

    de son chant

    Et quand je me penche

    sur elle

    pour trouver ma vérité

    ce sont mes yeux

    que je redécouvre

    eau dans l'eau

    C'est à une telle onde

    que j'étais destinée

    en venant au monde

    elle et pas une autre

    claire et frêle

    entre les herbes hautes

    toute discrète

    sous le limon

    eau dont il me semble

    qu'elle annonce

    ma trace

    comme l'encre

    de mes cahiers

    et lorsque je crois

    que je passe

    insignifiante

    les méandres

    qu'elle dessine

    dans mon songe

    sur les pages

    de sable

    me font des signes

    d'enfant

    C'est l'eau

    de ma vie

    le long

    de laquelle

    j'avance

    comme jadis

    quand je suivais

    avec mon bâton

    de sureau

    la Petite Eau

    qui bordait

    la demeure

    de mes vacances

    C'est l'eau oui

    du Pays d'origine

    toujours jaillissante

    mon éternelle naissance

     

    Géraldine Andrée

  • Mon nouveau-né

    Je vous présente mon roman Le Grand Retour qui vient juste de paraître chez Edilivre.

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    Un récit de vie, en vérité, sur la période de mes vingt ans.

    Sur une histoire d’amour qui a noué les fils de ma destinée pendant vingt autres années.

    Une écriture sobre, sensorielle, sensuelle, envoûtante… constellée de silences comme la partition d’une musique.

    Un cheminement intime qui mène de l’énigme à la connaissance de soi.

    Des mots tracés dans la chair pour que l’âme soit touchée.

    Une histoire personnelle qui parle aussi de vous car chaque expérience individuelle a une dimension universelle et les mots d’ici sont reliés au étoiles.

    Mon encre pendant ces deux années d’écriture s’est mêlée à la nuit avant de briller dans la jeune lumière de l’aurore.

    Bientôt, une interview de moi.

     

    ***

     

    On ne sait pas pourquoi on vit des heures si difficiles…

    Des heures qui constituent en vérité une seule et longue saison hivernale…

    Les rosiers refleurissent, les feuilles du lierre bourdonnent, les chatons naissent, les robes grandissent sur les corps des jeunes filles, la brise déroule l’écharpe de son chant de soie sur les sentiers et malgré Tout on demeure, soi, en hiver.

    Ce fut mon cas. J’avais vingt printemps. J’éclatais de rire très souvent. Je faisais confiance à la Vie. Et un homme est entré dans ma jeune vie, justement. Un homme dont je suis tombée amoureuse et qui m’a entraînée pendant cinq années dans une relation toxique qui a bien failli me perdre à jamais. Un homme dont j’ai dû me détacher dans la violence. Un homme qui a prédestiné la suite de mon existence sans que j’en aie conscience.

    Ce si long hiver m’a semblé absurde, insensé.
    Pourquoi ?

    Et puis, voilà , vingt ans plus tard, par un beau matin de printemps, j’ai commencé à écrire mon récit. On était aux alentours de Pâques 2014. J’avais acheté un cahier de moleskine noire. La lumière blonde tombait sur les pages finement quadrillées. J’écrivais mon histoire à l’encre bleue puis je la tapais patiemment à l’ordinateur.
    Huit saisons ont traversé l’écriture. J’ai connu deux floraisons de roses, deux fois le bleu majorquin, le retour à deux reprises des jours de givre, deux fois aussi le crissement des feuilles rousses sous mes souliers. Toutes les feuilles rousses sont soeurs, quel que soit l’automne.

    J’interrompais mon récit puis le reprenais, patiemment. J’en ai mesuré le souffle pendant deux ans. L’écriture allait son rythme. L’écriture coulait de moi. Elle allait de Soi, finalement.

    Lorsqu’on atteindra la fin de l’automne, qu’on entrera dans le long hiver 2016, mon récit autobiographique sera publié sous le titre Le Grand Retour.
    A moi-même définitivement rendue. Chez moi revenue. Il faut bien souligner cette victoire.
    De mon échec, j’ai fait une oeuvre.

    Ainsi, tout a un sens.

    Les saisons perdues ne le sont pas en réalité. Elles sont même reconquises grâce aux mots, aux couleurs, aux notes et deviennent notre éclatante résilience pour toute la suite de l’histoire de notre vie qui nous est offerte.

    Géraldine Andrée
    Autour de l’oeuvre