femme

  • ABSOLUE

    Numériser0004
    Vous, les geôliers,

    étendez le voile de vos nuits souillées sur ma Beauté:

    mes cheveux allumeront l'incandescence de la vie -germination d'étoiles sur les chemins d'autres femmes oubliées!


    Vous, les aveugles,

    éteignez du souffle de votre peur les rêves de mon regard; soufflez sur cette lueur -que vous imaginez si frêle, si falote:

    mes yeux grands ouverts féconderont le flanc bleu et doux du ciel qu'adorent aussi  mes soeurs!


    Vous, les tyrans,

    froissez l'azalée sensuelle du désir éclose au bord de mes lèvres; flétrissez les mots intimes de mes poèmes:

    ma parole s'envolera - baiser rieur et profond  échappé de l'échancrure secrète des aubes de tous les amants!

     

    Vous, les bourreaux,

    réveillez le cri lancinant de ma chair; liez mes mains; entravez mes pieds; détestez mon visage et ma bouche; tuez-moi peut-être; haïssez-moi de posséder comme une vertu ce corps originel et troublant dont vous ne pouvez effacer tout à fait la présence; considérez-moi comme la fleur sanglante de votre faute!

    mon coeur réapparaîtra sans fin sur les bords dansants de l'Espace;

    vibration unique d'une plaie ouverte où se lève la lumière; pulsation irradiante d'une féminine douleur!

     

    Ô cette inconnue splendeur:

    Je suis Najia!

    Najia libre!

    mon âme est Najia,

    mon âme, astrale couronne

    de ma virginité toujours neuve 

                               toujours nue 

                               et comme l'univers

                                             

                                        absolue