demain

  • Sans titre

    Il n'est pas important que le lieu où s'écrit le poème soit luxueux. Il n'est pas important que ce soit une chambre de château.

    Seul importe le fait que le poème, dont les mots brillent dans leurs reflets d'encre bleue, soit luxueux en lui-même.

    Et comment reconnaître le luxe d'un poème ?

    Un poème est luxueux quand il prépare le regard au miracle,

    en lui annonçant l'éclosion des souffles encore cachés sous les silences.

     

    Géraldine Andrée

    Tous droits réservés@2017

  • TRAIN DE NUIT

                Numériser0001
     

                 Un cri libéré; l'appel strident d'une lumière surgie de l'espace, traçant un sublime chemin vers des contrées d'Histoires chatoyantes...  Ô la quête éprise du coeur!

    Et c'est la grande fleur de l'Espoir qui éclôt sur les quais futurs, dans la poésie ardente des gares rêvées...

    Enfin, la nuit bleue, vivante et défroissée!

    L'azur insolite chevauchera le mystère des plaines, le désir des forêts, la sensualité des vallées...

    Bientôt aussi la bouche remuante des mers!

    Nous sommes prêts pour une autre mémoire.

     

    Loin!

    Loin des tristes fêtes urbaines! loin du vertige masqué des bals funèbres! loin du fard aveugle des regards! loin des lueurs stériles et métalliques! loin des vitrines prometteuses et vaines! Nous ne verrons plus le sein du ciel transpercé! Nous avons refermé la porte des chambres, bruissantes de voix seules et tragiques.

     

    Aller!

    oublier l'inhumain élan des immeubles et la folie grise des sirènes alors que gémissent les affres de l'ivresse échevelée  

    oublier les cernes violets d'une aube qui commence mal 

    oublier l'alarme amère d'une vie vécue dans l'urgence cet écho de mélancolie qui geint dans les ventres noirs et pleins

    déjouer l'illusion moqueuse et cruelle des jours d'orgies

     

    aller

    étreindre l'haleine de tous les étonnements 

    se laisser glisser telle une larme sur l'invisible paupière des brises 

    caresser l'impalpable de toutes les forces conjuguées l'épaule irisée de l'émerveillement pur 

    s'émouvoir au sang frais de l'air dansant 

    décrire la saveur d'enfance des méditerranées retrouvées

     

    mais pour embrasser le corps du Bonheur, notre parent de toujours, notre parent d'Amour,

    peut-être nous faudra-t-il traverser patiemment le murmure sanglotant du pays des saules, le souffle nordique des virginités blêmes, la plainte fêlée des astres si longtemps délaissés, le frisson sur des lancinants automnes... 

    peut-être nous faudra-t-il dignement souffrir avant d'écouter l'accord dentelé des musiques...

     

    Qu'importe! notre âme ce soir a pris

    le train de nuit!

    Ô! Que nos hôtes pleurent de joie

    qu'ils fassent trembler l'éternité dorée des rires d'Orient

    et qu'ils ornent de roses éblouies la terrasse suprême des matins 

    Demain sur les rives rouges et vertes d'un monde offert

    une âme neuve sera là  

                splendide invitée qui demeurera!