La dernière fraise

Elles coûtent plus cher que les premières. 
Leur vermillon éclate en bouche. 
Elles n'ont nul besoin de paillettes de sucre pour être révélées au goût. 
Elles se détachent et fondent en laissant sur la langue une saveur particulière, piquante presque, 
qui rappelle le bourdonnement des sous-bois traversés par la haute lumière
Elles ont longtemps parfumé les feuilles qui les ont recouvertes.
Encore un printemps qui s'achève.
Personne n'ose manger celle qui reste dans l'assiette.
Il le faudra pourtant.
Mais pour l'instant, on la contemple.
On la laisse appartenir à l'instant suivant.
L'ultime
Piquetée de points roux, comme les joues de l'enfance, souvenons-nous.
La toute dernière
des dernières fraises.

 

Géraldine Andrée

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