C'est l'heure

C'est l'heure où les ors du soir se mêlent aux ombres sans se confondre.
Les senteurs des fleurs se font plus fortes et les odeurs des menthes montent de la terre, comme pour soigner une langueur profonde.
Les premiers insectes tournent dans l'air, épris par leur propre vertige.
De caillou en caillou, les gouttes que l'arrosoir disperse luisent.
Du temps, oh, il en reste bien sûr encore un peu,
juste assez pour qu'avec mon index,
je cueille une petite araignée qui chemine sur l'une de tes mèches
et pour que je sente la rose chaude de ta paume éclose sur mon genou. 
Un rayon de soleil roux se pose sur nos deux épaules qui se touchent
avant de se dissoudre tel un rêve dans le vert sombre de l'herbe.
C'est l'heure où l'on est là et où l'on se sent presque
disparaître.

Géraldine Andrée

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