• Eternité

    Même si tu me quittes 
    j'entendrai toujours couler le chant d'une rivière de sang dans mes tempes

    Même si tu m'oublies 
    j'entendrai toujours chanter le sang du temps dans mes veines

    Geraldine
     

  • L'essentiel

    Aujourd'hui
    j'ai besoin de très peu de chose

    Glisser le papier
    dans la machine à écrire

    et écrire
    après avoir arrosé les roses

    Geraldine

  • Omni

     

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    Je veux être vague dans l'océan
    flamme dans le brasier
    grain dans le désert
    souffle dans le vent

    larme d'une pluie
    étincelle d'une étoile
    écume d'un nuage
    poussière d'une poussière

    Faire partie
    d'un ensemble
    où chaque élément
    diffère et se ressemble

    Image: Photo prise lors de mon voyage en Syrie, le 23 Avril 2006, près de la ville de Resafé, site aujourd'hui bombardé.

    Geraldine

  • Sans titre

    nostalgie

    Tu es arrivée à marée basse
    L'eau crépitait encore sous le sable
    Une respiration profonde t'a étourdie
    Le soleil tremblait
    Un peu de sel a perlé
    au bord de tes yeux

    D'où venait ce souvenir délicieux
    d'un chagrin presque anodin
    -le petit coquillage perdu puis un autre retrouvé
    semblable au précédent
    et que tu gardas dans la poche de ta robe
    pendant toutes les vacances?

    La mer est ainsi
    Son souffle te fait don de l'enfance

    Geraldine

  • S'en aller

    Quitter la ronde
    S'en aller au bout du quai
    Franchir les lignes de démarcation
    Recevoir de l'azur
    le don d'être invisible
    Puis s'en remettre
    à la force du sable de la neige
    du soleil des étoiles et des sources
    Avoir pour ami
    l'espace infini
     où toute voix s'écoute
    S'en aller si loin
    par-delà les routes
    que l'on devient
    quelqu'un d'autre

    Geraldine

  • La lettre perdue

    Je songe
    les yeux ouverts
    dans la nuit
    à ma lettre
    qui n'a pas reçu
    de réponse

    J'imagine
    qu'elle est tombée
    entre les ronces
    dont les ongles
    l'auront
    décachetée

    L'encre
    se sera mêlée
    à la terre
    Ma signature 
    se sera effacée
    dans la rosée 

    Puis feuille
    parmi les feuilles
    d'une saison oubliée
    la page aura longtemps
    frissonné
    au passage du vent

    espérant
    que l'oeil
    et la main
    d'un promeneur
    attardé
    la recueillent

    Et toi aussi
     tu songes
    les yeux ouverts
    dans la nuit
    à ton message
    qui demeure

    sans réponse

    Geraldine  

  • Sidonie Laborde

    histoire de france,inspiration,partage,complicite

    Elle ne Lui dira pas adieu
    Encore une page Encore un mot
    qui trompe le Temps
    Encore un livre

    Dans les couloirs du château
    on murmure on médit on a peur
    On déplie la liste des condamnés
    Mais elle

     croit au pouvoir de la fidélité
    et la calèche ne partira pas au galop
    si elle demeure loyale envers
    Celle qu'elle a toujours servie

    Alors elle allume une bougie
    elle cherche un auteur
    qui puisse distraire
    le coeur de sa Préférée

    une Histoire
    qui n'aurait point de fin
    Et même si on l'éloigne tous les jours davantage
    demain elle se lèvera de bon matin

    pour contenter Celle qu'elle aime
    plaire à sa Reine
    car demain matin c'est sûr
    sonnera l'heure de la lecture

    et la Reine est si belle encore
    quand elle La voit
    Se regarder dans le miroir
    et dénouer Ses cheveux

    On a sorti la grande malle de voyage
    Mais elle ne Lui dira pas adieu
    Il y a tant de mots et tant de pages
    il y a tant de livres

    à vivre

    Poème inspiré du film Les Adieux à la reine qui raconte l'histoire d'une jeune lectrice, Sidonie Laborde, demeurée fidèle à la reine Marie-Antoinette, jusqu'à la chute de cette dernière.

    Geraldine

  • Sans titre

    Je reconnais la beauté d'un livre à mon incapacité à en recopier des extraits.

    Détache-t-on les pétales d'une fleur?
    Vole-t-on l'oiseau à sa branche?
    Coupe-t-on la dentelle d'une robe de fête pour en garder le souvenir?

    La Beauté est généreusement belle parce qu'elle est indivisible.

    Geraldine


  • Sans titre

    Je me souviens
    de la fenêtre entrouverte
    de la chambre de mon enfance

    Le rideau orangé
    dansait si léger
    que je ne sais plus

    si le tissu se mirait
    dans la lumière
    ou la lumière dans le tissu

    A chaque fois
    que la Vie
    me déçoit

    j'imagine 
    que le rideau de mon enfance
    se soulève

    et danse 
    entre le monde
    et mon rêve   

    Geraldine

  • Insomnie

    Chaque instant m'observe à travers les yeux du chat
    Le calme est aussi ardent que l'orage
    Combien d'allumettes l'espoir frotte-t-il ce soir?
         Je veux retrouver la feuille blanche du sommeil

    Mais dans la nuit de mes mains posées sur mon front
    ma pensée chuchote si longtemps
    qu'il me semble qu'elle s'envole

    et tombe près de
    ta porte

    Geraldine