• Le livre de poésies

    poesie, quete, decouverte

    Par ce matin de printemps sur les quais, tu as acheté, mon amie, un livre de poésies.

    Tous les jours, tu le liras; tous les jours, tu recevras l'invitation d'un poème.

    Pour ce livre, nul besoin de signet ou de chapitre. Que ce soit à la page 40 ou 15, tu cueilleras des mots comme "vent", "nuage", "chemin","rosée", "cerise".

    Si tu le lis avec ton coeur, tu sentiras dans ton échancrure le souffle d'amant du vent; tu regarderas se dévider la pelote d'un nuage blanc; tes pas suivront sur le chemin la danse d'une aile; et tu prieras le soleil de ne pas sécher trop vite la rosée qui constelle les cerises...

    C'est, mon amie, lire un livre de poésies.

    Si tu rencontres la colère ou le chagrin, tu entendras battre de loin le tambour du sang; les feuilles frissonneront sous les gouttes; un volet claquera dans la nuit et il faudra longtemps chercher les étoiles, raviver la moindre lueur... Mais après le désespoir, une voix te bercera... Tu t'endormiras alors dans son murmure d'eau douce...

    C'est, mon amie, vivre la poésie.

    Ne te soucie pas de tacher ou de froisser les pages. Si, par mégarde, ton doigt laisse une trace à la page 13, sous le mot "rose", tu n'auras pas éteint la couleur de la rose. De même, si tu cornes la page 50, tu n'auras pas altéré le message que le poète dépose au seuil de chaque conscience dès que paraît le bleu de l'aube.

    C'est, mon amie, avoir confiance en la poésie.

    Qu'à ton chevet le livre demeure ouvert; tu te lèveras le lendemain, l'âme claire.  

    Par ce matin de printemps sur les quais, tu as acheté, mon amie, un livre de poésies.

    Lorsque tu arriveras à la fin de ta vie, tu ne t'exclameras pas "J'ai terminé de le lire!" car tu auras écouté toute ta vie la respiration de l'éternité.

    C'est, mon amie, faire vivre la poésie.

    Geraldine

  • Invitation

     

    quete,amour,decouverte

    Si vous désirez me rendre visite
    écoutez ces voix
    qui traversent les feuilles
    puis allez plus loin 
    que le chemin
    Suivez l'oiseau
    Suivez son rêve 
    Suivez son chant 
    Surtout
    fiez-vous à l'instinct du vent
    à la sincérité de la lumière
    Regardez toujours 
    au-delà de votre pensée
    pour ne pas trahir l'azur
    Vous saurez 
    que vous êtes arrivé
    lorsque vous ressentirez 
    une joie profonde
    Alors tournez côté coeur
    Là est ma maison
    Peu importe l'heure 
    Il n'est jamais trop tard
    pour embrasser l'Ami
    J'allumerai
    la petite lampe du boudoir
    si l'on vous annonce 
    ce soir
    Geraldine
     

                                                                      Enya: One Toy soldier

  • Mon ami,

     

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    si la nuit
    te semble longue, 
    choisis une étoile
    et veille-la.
    Geraldine
  • Artiste

    Pour peindre
    le visage du vent
    elle ajoute 
    un peu de blanc
    Geraldine

  • On a remis les clés

    nostalgieOn a remis les clés.

    La grille se fermera bientôt derrière nous.

    La chatte qu'on avait doucement apprivoisée est partie.

    Il bruine sur les tuiles...  

    Amélie n'aurait-elle pas oublié sa corde à sauter dans l'herbe?

    J'espère que Daniel a bien emporté l'échelle qu'il avait posée contre le cerisier...

    Le craquement du bois n'habitera plus mon sommeil. 

    S'il vous plaît!

     Pourriez-vous saluer de ma part

    la cheminée, les chambres, le corridor, la véranda,

    le jardin, surtout le jardin?

    Trop tard pour les regrets et les souhaits! 

    C'est à peine si on ose

     dire adieu aux roses...

    Geraldine

    Image: Camille Pissarro, Châtaigniers à Louveciennes, vers 1872

     


     

    Musique: Enya; The first of autumn

     

  • Le voyage des mots

     

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    L'émotion
    est 
     
    Retiens-toi 
    d'écrire
     
     le temps
    de voir 
     
    passer
    l'étoile 
     
     **
     
    Le crayon 
    est déjà
     
     au bout de la ligne
    à la fin de la page
     
     Et tu vas à la ligne
    Tu tournes la page
     
     Ne t'effraie pas
    de cette coïncidence
     
     entre mort
    et naissance
     
    **
     
    Comme la mer qui se retire
    PARTIR
     
     et ne laisser
    qu'une page
     
     une simple page
    blanche
     
     Que tout reste
    à écrire
     
     le souffle
    des mots
     
     et le sable
    des silences
    Geraldine 
  • Je te cherche

     

    quete, nostalgie

    Je te cherche
    en toute chose
    dans le frais bonjour du vent
    en comptant les points de la coccinelle
    dans le chas d'une aiguille
    entre les nervures des feuilles
    sur ce grain de terre
    sous cette goutte de pluie
    au fil du sablier
    le long de l'eau
    au bout des branches
    parmi les fleurs de la luzerne
    derrière le murmure de la treille 
     
    Je traverse ainsi
    le matin 
    et l'après-midi
    ...
    Puis plus tard
    je te cherche encore
    dans le halo des lampes
    à l'arrière-plan des tableaux
    autour du temps de chaque horloge
    entre la première et la dernière page
    loin des voix et des rires
    près de la vitre
    en contemplant la Grande Ourse
    avant le sommeil 
    quand ma main rejoint ma bouche
    pour un baiser envoyé
    au nom du souvenir
     
    J'attends que ton souffle
    se pose
    quelque part
    ...
    Mais c'est ton soupir
    qui me regarde
    au-delà des choses
    Geraldine