• Fidèle

    Numériser0008.jpgUn jour

    je reviendrai

    sans déranger

    le regard des choses

    Geraldine

  • Ce pays

    quete,decouvertePour ce pays

    nul interdit

    on l'approche

    de nuit

    à pas doux

     

    Et si le coeur

    s'éclaire  

    d'un souffle 

    on franchit

    la frontière

    Geraldine

  • Dilemne...

    destin,queteSous la lampe du soir, je me dis:

    Si j'avais choisi le cas B, me fiancer avec Paul plutôt qu'avec Jacques, je ne pleurerais pas comme aujourd'hui -où Jacques m'a quittée pour Jacqueline...

    Je vivrais sans doute au bord de la mer. Tous les matins, je me réjouirais de la couleur bleue du ciel. Je mettrais sur mon visage de la crème de jour, afin de ne pas vieillir trop tôt. J'aurais trois enfants, deux garçons et une fille. Le dimanche après-midi, on se promènerait en famille sur la jetée et on achèterait des bonbons au sucre candi. A la saison nouvelle, je ferais des sorbets dans lesquels chacun tremperait son doigt en me complimentant. J'irais souvent au petit village acheter des fruits et du pain traditionnel. Bien sûr, je m'y rendrais en bicyclette pour que Paul entende le timbre joyeux de mon retour. Quand je boutonnerais ma robe devant le miroir, je m'observerais d'un oeil exigeant puis satisfait, car mon corps aurait finalement gardé sa grâce juvénile! Dans l'ombre, j'écouterais le souffle de Paul et mon index voyagerait sur sa nuque... Le grain de sa peau me rassurerait. Je ne me manquerais jamais de rien. Je serais une femme presque heureuse;

    je désirerais seulement parfois 

    que le Temps se frotte un peu plus fort 

    à mon âme, 

    dans l'espoir de voir jaillir

    en secret 

    mon étincelle supérieure...

    Mais je me sentirais utile tout de même; d'autres destins se relieraient à ma vie.

    Tu n'en sais rien! me répond la voix de mon coeur sous la lampe du soir:

    Si tu avais choisi de te fiancer avec Paul, celui-ci se serait peut-être progressivement détaché de ton amour, sans que tu puisses faire quoi que ce soit! Vous auriez divorcé après quelques années de mariage. Vous vous seriez déchirés au sujet de la garde de vos trois enfants. Tu ne supporterais plus alors les vagues de ta vie sous le bleu indifférent du ciel. La meilleure crème de jour ne masquerait pas les rides de ton chagrin. Tu mangerais toute seule les sorbets de la saison nouvelle. Le souvenir des bonbons au sucre candi se collerait à ton esprit comme une mauvaise obsession car vous vous seriez si souvent disputés, Paul et toi, après les promenades du dimanche! La bicyclette rouillerait dans la remise; à quoi bon en effet se rendre au petit village si c'est pour entendre des commérages? Dans le miroir, tu chercherais en vain le reflet de toi-même et l'ombre de l'insomnie t'apporterait son unique réponse:

    Changer de vie

    Ecouter son propre souffle

    Accomplir soi-même son Destin

    Frotter doucement son âme au Temps 

    dans l'espoir de voir jaillir

     sa flamme supérieure...

    Et puis... En dépit de ces intimes conseils,

    tu serais assise, ici et maintenant, la tête entre tes mains, dans le silence de ce petit studio parisien... Tu murmurerais sous la lampe du soir:

    Si j'avais choisi le cas A, me fiancer avec Jacques plutôt qu'avec Paul, je ne pleurerais pas comme aujourd'hui -où Paul m'a quittée, peut-être pour Paula, Pauline, Paulette,

    ou peut-être pour connaître

    son étoile intérieure, 

    dont l'espoir

     n'a pas de nom...

    Geraldine    

  • Simple observation

    poesie, reveL'instant est rond

    comme un citron

    Geraldine

  • Dédicace

    amitieJe t'envoie Mon Amie

    ces quelques poésies

    Elles sont brèves

    comme les lueurs

    des larmes

                            Geraldine

     

     

     

    Cher lecteur,

    si ces quelques vers

    suffisent à ton coeur

    Les voici.

    Mais si tu désires connaître

    la suite

    de ce poème à naître

    rendez-vous sur mon second blog

    sensualitedesmots.skynetblogs.be à Mon Amie

    Ce serait une joie

    pour moi

    de savoir

    quels sont les vers

    que tu préfères...

    Geraldine

  • Annexe

    Numériser0003.jpgOn a fermé

    l'Annexe des Jeunes Filles

    Dortoirs un deux et trois

    les lits sans drap sommeillent

     

    La cloche est muette

    L'aiguille du cadran

    n'obéit plus au Temps

    Les pupitres bâillent

     

    Dans la rigole du tableau

    repose

    l'éponge sèche

    qui effaça

     

    la dernière phrase

    d'une leçon 

     l'allégresse   

    d'une réponse  

     

    Dans le poêle 

    la flamme des veilles 

    trembla jusqu'aux cendres

     de l'aube 

     

    Les noms semblent

    avoir quitté les choses

    Mais sous le préau 

     de l'automne nouveau 

     

    le pas suit

    la fantaisie 

    d'une marelle

    et si l'oreille est attentive

     

    elle entend danser

    la robe de l'air 

     lorsque glisse

    la traîne d'un murmure

     

    L'oeil de l'âme

    devine dans l'ombre

    le signe d'un gant

    l'épingle d'un chignon

     

    Une trace de fard

    fleurit sur un miroir

    L'astre d'une bague 

    enfin s'allume

     

    L'adieu est une page pliée

    que lira plus tard 

    cette Chère Amie

    assise au bord des nuits

     

    On a fermé

    l'Annexe des Jeunes Filles

     Mais comment interdire

    les jeux de la mémoire?

     

    Rose Christine Anne Sylvie

    Claudia Sarah Louise Florence

    Catherine Laure Margot Virginie...

    Elles courent 

     

    à l'infini 

    le long du souvenir

    et leur rire

    nous rappelle

     

    que le Passé

     jamais ne s'absente 

       Le Passé est une éternelle

     adolescence...

    Geraldine

     

     

     

     

     

  • Psyché

    Numériser0014.jpgAu fond d'un tiroir,

    je découvre une photo datant de dix années...

     Et je me souviens:

     

    Ce matin de février à l'hôtel nancéen Le Globe, un dimanche...

    Je portais un pull bleu, sans doute acheté la veille,

    et je me regardais dans le miroir un peu vieillot de la chambre;

      

    quand ta voix retentit soudain: 

    Surtout! Ne bouge pas!

    Et tu me photographias.

     

    Emouvant jeu de miroir

    où tu me regardais

    me regardant...

     

     Ton oeil posé sur l'oeil de l'objectif

    fixait ces yeux rêveurs 

    que je posais sur moi!

     

    Et maintenant que tu n'es plus là,

    que nous nous sommes quittés dans une irrémédiable dispute,

    il y a longtemps déjà,

     

    je regarde cette jeune femme qui se regarde

    dans l'oeil de ce miroir désormais éteint 

    -car un incendie ravagea l'hôtel...

     

    Je demeure ainsi face à la photographie,

     tellement songeuse que je ne sais plus

    quel Moi refléchit l'autre Moi... 

     

    L'ancienne jeune femme reflète-t-elle la femme mûre d'aujourd'hui?

    La femme mûre d'aujourd'hui reflète-t-elle l'ancienne jeune femme?

    Laquelle désigne l'Autre? 

     

    Etrange magie de la mémoire 

    qui, sondant le mystère d'un regard, 

    réveille le pouvoir du miroir!

     

    Et pourtant, le passé ardent 

    qui existait tout autour

    - toi, ta main, ton oeil contrôlant l'oeil de l'objectif, la chambre d'amour-

     

    s'est effacé au cours

    de ces dix dernières années...

    Alors, à ce moment précis

     

    où s'avivent les couleurs de l'histoire, 

    j'aimerais disparaître moi aussi

    de l'autre côté du miroir,

     

    pour rejoindre cette femme

    dont le sourire abandonné

     m'attend...

     

     Qui sait?

    Peut-être qu'au-delà des reflets,

    un matin de dimanche,

     

     nos deux temps

    se rencontreront

    et nous serons libres  

     

     de nous regarder autrement, 

    juste le temps

    d'une reconnaissance...

    Geraldine



         Musique: Jean-Michel Jarre; Souvenir de Chine

  • (E)clore

    amour, nostalgieTon baiser déposé

    fleur d'avril

    dans mon cou

     

    Ton baiser fragile

    je le cueillis

    et l'effeuillai

     

    si lentement

    dans notre nuit

     blanche 

     

    que j'ouvris

    la corolle

    de ton absence

    Geraldine