• PRESENCE

                  Numériser0003
    "Voici le temps des Assassins."
    Arthur RIMBAUD

    Le poète a disparu, dites-vous... Le poète a disparu... Mais c'est impossible!

    C'est comme

    si le soir effeuillait l'aurore

    Comme si le sable mordait la mer

    Comme si les clairières

    dans le vent renversées

    déparaient le ciel

    Comme si l'échine étirée des nuages

    écorchait l'azur!

     

    Inacceptable, la disparition du poète!

    une nuit réprouvée

    une tache violente sur le front incliné du monde

    une lune amèrement défigurée -adieu le rubescent bonheur de ses joues pleines!

    une secrète corolle déflorée par l'insulte -adieu l'astrale maturité du fruit au bout de la patience!

     

    Non! Je ne vois pas le poète cheminer dans le lancinant cortège des défunts...

    Je ne vois pas son ombre se courber sur la barque odieuse de l'Oubli...

     

    Le poète s'est tout simplement endormi

    ses yeux sont sourds comme les éclats de nos fêtes vaines -sourds au cri de nos ventres stériles et gavés, sourds à la plainte sèche de nos orgies

    son visage a préféré déserter nos laids miroirs d'Orgueil

    ses oreilles se sont aveuglées à nos prétentions royales car le Temps -que nous refusons- est notre seul maître

     

    Mais le Chant peut créer encore

    le rêve d'un corps

    le fil lumineux d'un désir

    le pétale d'un mot à entendre

    d'un amour à écrire

    -claire fièvre du petit matin

    et du regard à naître!

     

    Croire que le Poète n'est plus là

              qu'il ne reviendra pas

    c'est assassiner le coeur dans toute sa pensée pure

    c'est briser le cercle parfait du jour

    effacer la forme achevée du soleil

    accepter une vie incomplète

    danser sur la valse funèbre du renoncement...

     

    Le poète est là   ennuyé malheureux sommeillant   mais il est là!

     

    Réveillons le poète!

     

    Qu'il insuffle dans notre bouche béante la force ardente de sa voix!

    Que l'éclair humble et splendide de sa foi brûle joyeusement nos âmes!

    ô quelle douce blessure, la très fine épée de sa musique!

    quelle intimité, l'inconnu frêle de ses mots épousés!

    Sublimement voguons

    sur cette respiration étonnante et légère 

    Innocemment vivons

    pour cette rieuse rencontre du pays d'Enfance

     

    Ainsi le Poème   à tout jamais

    de ses doigts éternels scellera 

    la lettre maudite et blanche

                                du Silence

     

  • ANGELS

    Numériser0002
    Je songe aux enfants morts dans les étoiles

    à la cendre douce de leurs voix

    à la trace frêle de leurs pas -lente traversée des pays du froid

    à la tendresse de leur force d'ange

     

    Je songe aux enfants morts pour une étoile

    Là-bas ils ont revêtu les blouses rayées des trop longues nuits

    mais sans perdre espoir ils jouaient aussi

    avec les billes du jour

    Leurs cris dessinaient sur le silence des murs

    le sable blanc des voyages marins

    Dans l'hivernale brûlure des faims

    dans l'impitoyable gerçure des soifs

    leurs lèvres invoquaient des étés de plénitude: éblouissante satiété    gorgées solaires 

    et sur l'ardoise sibylline de leurs désirs

    glissait la caresse invisible d'un rêve de craie

     

    J'entends la chanson très ancienne de leurs âmes oraculaires 

    Je vois les joyaux de leurs contes parsemant le secret sentier des Alchimies

    Leurs mains brisées ont ouvert un cahier immense au-delà des âges

     

    Là-bas ou ici? Qu'importe!

    Ces enfants ont tant aimé les étoiles

    qu'ils inventent dans la cour de l'Eternité

    le jeu envoûtant d'autres marelles

    l'oiseau fidèle d'autres histoires

    et l'ineffable danse des routes!

    et le feu d'ambre des rires!

    et le fol éclat des lanternes de joie

    qui voguent à la lisière de l'azur!

    et l'amble des chevaux du vent

    qui découvrent le trésor des villes méconnues

    au bout du périple millénaire!

     

    Ne craignez rien  Parents du ciel des aurores des orients

    les étoiles veillent désormais au chevet de vos enfants

    l'or pur et nacré des bougies a éteint l'incarnat violent de l'agonie    l'aura violacée du sang      ce qui fut jadis l'Ignominie    peurs figées et vertiges fièvres et frissons corps impuissants entrechoquement des dents et des os dans la haineuse attente d'une aube pantelante           mais qui n'est plus aujourd'hui

    L'étincelant Diadème de mémoire triomphe enfin posé sur le front altier des temps! 

     

    Alors que tremble la solitude des monstres   

    damnés dans le cercle funèbre et amer

    de la Terre 

     

    je songe à cette chorale d'enfants 

    fêtes étranges d'étoiles insufflées

    de splendeurs murmurées

                                à tous les coeurs aimés

  • Awesome blogger

    Numériser0003
    Tout d'abord je remercie bien chaleureusement Saravati qui "dans ses (superbes) petits délires" m'a choisie parmi les awesome bloggers. Voici la démarche:

     

    1) Remercier celui qui te l'a donné

     

    2) Copier l'award awesome blogger

     

    3) Le poster

     

    4) Dire 7 choses que tes lecteurs ne savent pas sur toi

     

    5) Mettre les liens des 7 bloggeurs

     

    6) Les prévenir qu'ils ont gagné un award à leur tour

     

    Pour montrer à mes lecteurs qui je suis, j'ai fait une courte liste de petites choses toutes simples que "j'aime" sous forme de poème... Je fais souvent des exercices de ce genre dans mon journal intime; c'est un excellent moyen pour moi de mieux me connaître:

    J'aime le goût rond et plein du croissant.

    J'aime le pépin de la pomme quand il craque de malice sous la dent.

    J'aime le rayon de lune qui me dit "bonsoir" par la fenêtre, comme un sourire de neige posé sur les nuits.

    J'aime la dentelle du silence le dimanche matin lorsque le rêve ne s'est pas encore évanoui.

    J'aime me sentir dépouillée et légère, même si cela ne m'arrive pas souvent.

    J'aime les échappées dans le désert - ivresse d'oubli, de sable et de vent.

    J'aime aussi le frisson des plages qui s'offrent -belles et sauvages- à me yeux endormis.

     

    Voici les personnes à qui je décerne le awesome blogger:

    Or

    Edouard

    Petit Poucet rêveur

    Véronique

    Anaïs Valente

    Mimi

    Marcelle

     

  • ECOLE BUISSONNIERE

    Numériser0001
    Finie

    l'heure de solitude 

    si tu le veux mon ami

    quittons la trop blanche

    chambre de l'étude

     

    vive l'école buissonnière 

    la lune en robe de songe

    à pas menus fleuris d'anges

    guidera notre grâce légère

     

    et nous roulerons libres

    telles de vierges billes

    des nébuleuses éblouies

    sur l'aine secrète des brises

     

    gorge échancrée des délices

    rougeur nue de l'aurore

    qu'infiniment longtemps glisse

    l'ongle doux d'un doigt d'or

     

    dis as-tu embrassé 

    la bouche troublante de l'été

    au détour d'un sentier

    ce vermeil appel aimé

     

    jamais la menthe des jours

    ne fut plus odorante 

    qu'en ce feu instant de danse

    ce rayon follet d'Amour

     

    éteins la pâle lampe

    des ascèses de jadis

    qu'une étincelle chante 

    le prélude bleu de l'oubli 

     

    inventons des Murmures

    chatouillis de senteurs

    caresses d'orbes rêvés

    baisers d'espaces purs 

     

    la jeune feuille tremble

    chère si chère paupière  

    nouvellement éclose

    ô l'ondoiement des roses

     

    mon ami de septembre

    quittons la chambre

    trop ancienne de l'étude

    envolés derrière l'horizon

    dénouons toute servitude 

     

    écrivons une autre saison