• APRETE

    Travaille Sofia

  • AILLEURS (ce dernier poème avant mon départ pour une autre contrée; mais nulle inquiétude!Je reviendrai: cher(e)s ami(e)s, je vous souhaite de bonnes vacances!)

    Numériser0007
    Chants

    claires semailles du vent   consciences profondes d'un miracle   corolles offertes des coeurs

    Les notes chagrines lentement se désagrègent 

    emportées par d'autres arpèges

     

    Ports

    bleu sillage des sirènes  danse ocre des soleils  moires étranges de la mer

    Les longs méandres des sanglots gris 

    à jamais se sont taris

     

    Rêves

    dômes ou cathédrales défiant l'Infini   fil dévidé des nuages   cygnes insolites glissant sur l'aile douce des jours

    Je souris à la virginité féconde 

    de tous les chemins du monde 

     

    Voiles

    mille rayons sensoriels qu'offre le poème des nuits   mille astres de joie irisée   mille musiques chatoyantes sur un rythme de chair

    Montrez-moi  je vous prie 

    le corps éveillé de la vie 

     

    Amour

    la tendre conque sacrée de vos mains   le vertige pur de vos lèvres   l'humble splendeur du pays de vos yeux

    Je suis prête à traverser

    l'horizon envoûtant de nos voluptés  

     

    Ailleurs!

    cette respiration première

    cette âme qui m'accompagne

    cette vague absolue et légère

    d'un présent innocent

                 

                 Ô mon attente si belle

                  enfin endormie

                  telle une reine

                  vêtue de l'hermine 

                  sereine du ciel

                  mon attente fut un grand voyage

                  vers votre visage

                 

                 

                

               

                  

      

     

     

  • mon pays

    o connaître l'âme de mon pays

    ses fleurs de neige

    ses fleurs de vie

    et l'or de ses arpèges

    dont ruissellent les nuits

  • LETTRE A MA VIE

    Numériser0006
    Je t'écrirai peu avant la tombée de la nuit

    dans l'indéfinie tiédeur

    de cette heure qui se balance

    comme un berceau étrange  

     

    Je t'écrirai les premiers rires d'étoiles fécondés par les larmes

    l'égrènement du collier de la brise sur l'eau

    les ombres grêles de la saulaie qui frissonne comme un drap de rêverie

    et la trace à-demi effacée d'un doigt de lumière

     

    Ce sera l'infime vertige d'une aile de luciole     un discret halo       une étincelle déjà presque éteinte    la soie lentement froissée du ciel     le grelottant sanglot d'une note

    à peine une complainte peut-être l'indicible brisure d'une chanson?

    un sourire triste qui repose dans la corbeille de la lune

     

    pas d'obsédante blessure   pas d'âcre morsure!

    non au temps obscur du drame  -non à l'âpre mémoire que signe le sang!

    Ce ne sera rien         seulement la griffe de velours du soir

    qui m'évoque un très lointain baiser déposé sur mes pleurs

     

    et la mystérieuse lueur d'une prunelle d'azur

    qui respire comme une ondée de murmures

    et derrière la feuille le brin d'herbe le reflet

    la merveille éphémère d'un feu follet

     

    Ô ma vie! Infinie lecture de toutes mes pensées!

    La veillée de mes mots tremble et te regarde:

    c'est la parole enfouie de mon coeur

    qui bruit de tous ces choeurs amis...

     

    Je t'écrirai peu avant la tombée de la nuit

                         

      

                     

  • IGNORANCE...

    Numériser0005
    Je ne sais pas

    comment les nuages se font et se défont dans ce tableau muet

    ni comment la pluie dénoue ses sanglots de silence

    je ne sais pas

     

    Je ne sais pas

    pourquoi tes caresses déploient tant d'agonies obscures

    ni pourquoi les astres brillent aussi fort après leur fenaison

    je ne sais pas

     

    Je ne sais pas

    d'où vient la plainte qui roucoule dans la gorge sincère du vent

    ni comment s'allume l'ambre des feuilles dans la maison oubliée de l'automne

    je ne sais pas

     

    Je ne connais pas

    la danse des rêves que tisse le rire invisible du ciel

    ni l'éclat des lampes de joie qui se balancent offertes au regard des lendemains

    je ne connais rien

     

    Mais je sais qu'un jour

    Les dieux me remercieront d'avoir vécu la solitude

    et d'avoir habité pleinement son chagrin d'hiver

     

    Comme s'éveille la perle secrète d'un écrin

    que respire enfin mon âme ondoyante

    l'âme de tous mes printemps à vivre

     

    Dans ma sage ivresse

    je saurai accueillir le sourire

    d'un bel ange serein

                   ce coeur qui est mien!

  • VOIX

    Numériser0004
    Que les voix de toutes les femmes emprisonnées dans la cage du silence

    s'allument et s'élèvent vers tous les cieux du monde

    souffles pourpres des flammes délivrées des soupirs sombres

    paupières d'or dévoilant les vertiges rieurs d'un regard libre 

    merveilleux bruissement bleu de l'aile de la Magie

    Que toutes les voix d'étoiles des femmes éteintes brillent pour l'infini

    ondoyantes semailles au seuil de multiples éternités!

     

    La voix de Wing qui marche sur le chemin gris les pieds meurtris dans le carcan jaunâtre de ses bandages

    La voix de Namia  déjà revêtue du manteau sévère de la nuit et dont le visage se perd aussi derrière le rideau de la honte -hélas pour elle la menace de son mari rôde sans cesse en sentinelle

    La voix de Samya qui veut s'enfuir -exclue du royaume des hommes et de l'humanité car l'humanité, voyez-vous, ne la reconnaît pas comme femme

    La voix de Wara l'hindoue qui plonge ses mains dans le riz âpre et les herbes amères sous la lumière sèche d'une aube venue trop tôt

    La voix de Sarah qui, à l'angle d'un mur d'une ville inconnue, esquive un rayon de sang

    La voix de Sylvie qui croit que de nos jours on peut encore mourir d'amour et qui attend de chavirer dans l'écoulement tranquille du sommeil

     

    La voix de tous les sexes mutilés

    de toutes les bouches profanées

    de toutes les chevelures coupées

    de tous les esprits insultés

    de tous les mots bannis

    de tous les coeurs pourfendus

    de toutes les âmes ignorées

     

    La voix de tous les berceaux non désirés

    dérivant vers le funeste secret d'une onde trouble et complice!

    La blancheur muette de leurs appels voguera encore et toujours!

     

    Que ces voix comme des bras se tendent

    comme des mains se cajolent

    s'embrassent s'étreignent

    comme des lèvres neuves se sourient

    doux pistil palpitant iris

    de toutes ces voix mêlées!

     

    Que les rêves de toutes les femmes emprisonnées dans la cage de la peur

    montrent d'un doigt invisible

    à d'autres femmes

    l'azur indicible

    de leur Désir

    la radieuse et sublime ronde

    de tous les cieux du Monde!

  • fenêtre sur jardin

    des murmures s'égrènent comme des colliers de cascades

  • ANNA, LA BELLE ENDORMIE

    Demeureras-tu longtemps endormie, Anna?

    Numériser0003
    Demeureras-tu longtemps blottie dans l'ombre muette?

    Supporteras-tu longtemps les douleurs, échevelée, pantelante sur la mer terne de la résignation, tirée par les quatre chevaux de la colère de ton amant?

    Demeureras-tu longtemps tremblante, les yeux fermés, éblouie par le rayon écarlate de la rage de ton amant?

    Demeureras-tu longtemps oubliée au centre noir du cyclone, ballottée par de funèbres vertiges, possédée seulement par les volontés de ton amant?

    Demeureras-tu ainsi silencieuse, bâillonnée par l'éloquence sourde et trompeuse de ton amant?

    Demeureras-tu inconnue dans ce pays inaccessible, de l'autre côté du jour, de l'autre côté de la vie, derrière ce voile inquiétant que nul ne peut soulever, lueur chétive à l'orée des ténèbres et des espaces troublés?

    Tes mains... Tes lèvres... Tes cheveux... Et tes rêves de jadis? Tes désirs? La plénitude lumineuse de ta force?

    Il me semble que tu te sois oubliée, Anna!

    Tu n'as que trente ans, Anna...

    Les années se balancent, telles des grappes de soleil offertes à ta cueillette.

    Le vent, puissant, essouffle les nuages.

    Les jardins t'attendent, et les lanternes rieuses des bals, et les cris joyeux de la ville, et l'énigme des jeux d'enfants, et la grâce de la libellule prête à se poser sur ta joue!

    Le soir, tu songes que tu enjambes des champs de lavande: leurs nappes bleues sont à la portée de ton regard, de ton coeur, de ton doux étonnement; Anna.

    Ton âme est à ta portée.

    Alors oublie cet amant qui, sur son chevalet glacé, a fait de toi une pâle endormie.

    Oublie l'amour violent qui émane l'odeur âcre de la mort et dont les cernes violets défigurent ton miroir.

    Respire le ciel caressant, l'air soyeux, la terre irisée, le feu tendre.

    N'appartiens qu'à toi-même et sois libre, Anna.

    Dévoile d'une pensée le pouvoir neuf de tes matins; que tu puisses enfin te sourire et te dire:

                C'est le réveil de ma vie!

  • ANNONCE POETIQUE...

    Je songe au petit mot perdu:

    Numériser0002
    celui qui virevolte,

    celui qui papillonne,

    tourbillonne,

    danse et saute!

     

    Je cherche -savez-vous?- 

    le petit mot qui étonne:

     

    S'est-il envolé à la brune

    sur le rayon clair

    d'un souffle de lune?

     

    A-t-il ouvert les voiles

    sur l'éternité

    d'un rêve d'opale?

     

    Peut-être

    parle-t-il aux pierres 

    dans l'étincelant désert?

     

    Sans doute

    accompagne-t-il la houle

    de neige d'un nuage...

     

    ou le secret d'une larme

    bercée par la main

    du matin!

     

    Miracle doux,

    merveille d'or

    d'un météore 

     

    qui roule

    sur le subtil tapis

    des longs voyages...

     

    Serein frisson 

    de la blanche senteur 

    murmurée du jasmin...

     

    Je cherche

    au-delà de ma patience,

    tout au bout du temps,

    le petit mot de l'âme:

     

    Halo diaphane,

    aura dentelée

    qui ceint le coeur 

    caché des saisons...

     

    Je veux entendre encore

    rire le désir

    au seuil de l'hiver;

     

    je veux voir

    palpiter l'espoir

    au bord de ma fenêtre! 

     

    Ô! Je t'en prie, 

    Poète,

    vite, prête-

    moi ton épuisette!

     

    Que je participe avec joie  

    à l'astrale cueillette

    de tous ces papillons

    qui dansent et brillent

    sur les mille notes

                           de la Vie!

  • Federico Garcia Lorca (en hommage au poète, assassiné dans un ancien "puits", à l'aube du 17 août 1936, tout près de la Fuente Grande que les Maures appelaient la Source aux Larmes).

    Tu chanteras toujours, Federico...

    Numériser0006
    Même si

    ton âme s'est glacée dans l'inconscience noire d'un puits,

    Même si

    tes yeux se sont fermés, noyés par les Larmes aveugles de la Source

    et que ta gorge a suffoqué sous la horde sauvage de la mitraille,

    Tu chanteras toujours Federico,

    le coeur intact, rempli de cette joie chaude, rouge et vibrante comme une grenade.

    Tu chanteras toujours l'ange soupirant qui se recueille dans la brume des monastères,

    le frisson nacré de l'aube qui dépose sa couronne de ciel sur les peupliers esseulés,

    le souffle mystérieux des fontaines au centre des villages,

    le bonheur bruissant du Vent qui caresse la chair tremblante de la Lumière.

    Les collines déploient pour toi le grain tendre d'une page infinie.

    La pluie, le sais-tu, danse tes madrigaux.

    Les rosiers célèbrent chaque jour les mots d'étoiles que tu as prononcés pour eux.

    Et les jeunes filles!...

    Les jeunes filles murmurent aux oliviers les vers qui s'envolèrent de la fenêtre de ton enfance.

    Tu chanteras toujours le poème clair des douleurs, Federico.

    La bouche de sang a encore des choses à nous dire. Sa brûlure irradie dans le Silence.

    Le coeur de sang comprend la liberté de l'azur, tant il a souffert pour elle.

    L'âme de sang connaît l'au-delà de la Vie qui demeure en toute poésie.

    Chante éternellement pour nous,

    du fond de l'inconscience noire et aveugle des puits, Federico!