• VACANCES...

    Numériser0014

     

    Vacances

    Une parole suspendue

    Une page qui attend

         Beauté nue

         D'un instant 

         Fécond dans sa vacuité

    Une rêverie moirée

    Un après-midi d'été

         Qui déploie

         Le drap lumineux

         De sa somnolence

    Oeil réjoui

    Par de subtils éclats

         Etoile bleue

         D'une brindille 

         Ou d'un caillou sage

    Infinie promesse

    D'un voyage

         Lancinant mirage

         Qui affleure

         Les rives du silence

    Acuité de la conscience

    Cueillette des lueurs

           Volet de la chambre

           Qui joue avec les ombres

           Fugaces de l'Heure

    Océan de la sieste

    Que traverse le songe

        Tiède houle

        Des frissons

        Qui roulent sur la chair

    Saveur douce-amère

    Des fruits dans la corbeille

            Et chantent à l'unisson

            Les pages nouvelles

            Du livre ouvert

    Merveilleuse partition

    Où danse 

    Le rayon blanc

    D'une sensuelle

    Evanescence

     

          C'est la béance

          Claire du Temps

     

    Vacances

  • LE JARDIN DES CITRONNIERS (ce poème m'a été inspiré du film Les Citronniers... que j'ai adoré!)

    Numériser0023

    Dans le jardin des citronniers,

    Un rayon de soleil danse sur les feuilles.

    J'écoute le frisson de cette lumière,

    Plus ténu et plus intense

    Que la palpitation cachée de la brise...

    Dans le jardin des citronniers,

    Le bonheur n'est pas un sentiment;

    Encore moins une simple émotion...

    Il est parfum,

    Jaune et vert mêlés...

    Il brille comme la douce incandescence des citrons.

    Il respire comme le murmure de la feuille.

    Et flotte la magie de sa caresse ambrée...

    C'est un paradis qui ne se nomme pas paradis;

    Sinon le déferlement des sarcasmes, des envies et des ambitions

    Le foulerait à jamais.

    C'est un paradis au-delà du Bien;

    Un jardin caché

    Au coeur de toute humilité.

    Alors, viens,

    Toi, mon amant;

    Je t'invite à l'ombre des citronniers.

    Goûtons ensemble l'heureuse amertume

    De ces rayons mordorés

    Qui glissent le long des branches

    Pour allumer le soleil de la terre.

  • HYMNE DU FEMININ

    Numériser0010

    Toi ma femme-ange,

    Tu m'invites à la fête de l'espace.

    Et tournoient tes songes lunaires; 

    Coule l'or des astres,

    Miel de tes larmes,

    Nacre de tes cils clairs.

    Toi, ma femme-arbre,

    Tu égrènes le chant des vergers.

    Tes yeux recueillent le soupir des sources;

    Tes bras enlacent le frisson des feuilles rousses.

    Et les lucioles de tes rires

    Chatouillent l'épaule du vent.

    Toi, ma femme-orient,

    Tu pares de colliers d'ambre la chair des fleurs.

    Le pays de l'aube se dévoile sous tes doigts légers.

    Et ton souffle invisible esquisse un sourire

    Dans des miracles de senteurs,

    D'intenses mirages d'encens, de safran et de myrrhe.

    Ô Toi, ma femme-nuit!  

    Ta caresse envoûtante d'eau vive

    Effleure avec langueur les rives

    Mystérieuses de mon coeur

    Et nous tressons d'éternelles lueurs

    Qui voguent vers l'infini.

    Ô Ma femme-terre!

    Par toi le sol épouse les vertiges du ciel;

    La lumière jette son ancre dans la pierre.

    Tu es  la fureur de l'éclair

    Qui féconde

    Le ventre bleu de l'ombre.

    Et l'azur te soulève

    Dans son globe de gloire;

    L'éclat du sang te traverse;

    Les secrètes moires 

    De l'univers

    Te bercent

     

    Le Monde

    Te met au monde

    A chaque instant.

    Au-delà du Jour,

    Tu donnes le jour

    Au Vivant.

     

  • VALSE

    Numériser0009

    Retenir l'intensité unique du bonheur

    Capter sa limpide douceur

    Ne rien refuser

    Danser tel le funambule serein

    Sur un équilibre parfait

    Prendre une main

    Deviner un coeur

    Que la musique étreint

    Infini potentiel

    D'un appel

                  Muet

                  Et divin

                


     

  • QUÊTE

    Numériser0007

    Le berger guide son troupeau à l'orée du matin.

    Il entrouvre le mystère des chemins.

    Patiemment il avance

    Et la caresse de l'horizon

    Suspend chaque frisson.

    Les dentelles des branches

    Entrelacent leurs murmures

    La lumière d'argent

    Sur la cime des silences

    Tisse l'étrangeté du temps.

    Le berger s'arrêtera bientôt

    A la lisière de l'azur

    Où  bruit l'herbe mauve

    Où le vent  égrène ses mots

    Et ses rires diurnes.

    Dans la paix immobile

    Des brumes tranquilles

    Le troupeau taciturne

    Enjambe les instants ultimes

    De l'aube.


     

  • SERENITE

    Numériser0006

     

    Je contemple dans mon souvenir un lac serein.

    Sa sieste bleue m'éveille à la vie des saules songeurs, des animaux secrets, des corolles mélancoliques.

    Dans sa solitude aimante sombrent mes vieilles angoisses; barques tremblantes et désuètes.

    C'est une très grande nappe d'eau, lisse et sage, que rien ne trouble.

    Le lac ignore le cri de feu du vent,  les vociférations brûlantes de la terre, toutes ces plaies ouvertes et vives.

    Mais son impassibilité n'est pas de l'indifférence.

    Quand on ne craint pas d'y noyer ses yeux, ses profondeurs s'éclairent d'un sourire venu de très loin, de plus loin que les méandres de sable et de limon.

    Tous les jours je m'allonge sur sa rive, je respire la saveur amère de sa présence qui bruit.

    Je me découvre dans ce miroir inversé du ciel.

    Et je disparais dans son frisson; je m'évapore dans sa brume légère; je me dissous dans son rayon.

    Nul besoin d'y bâtir ma maison.

    Je suis le lac,

    Close sur moi-même et déployée.